Je suis un nègre prisonnier

Je suis un écrivain en herbe, cependant je prend ma plume pour un aéronef, avec elle mes voyages sont lointains mais brefs,  elle est sans vitesse pourtant elle aime porter mon esprit en courbant l'espace, ma plume est sans gravité pourtant elle peut confondre ce moment avec celui qui le précède, elle est témoin de mes pensées, elle va tout au bout de la course de mes rêves, elle est toujours fidèle, quand ma raison m'arrête,  mon inspirtation l'érige d'un mouvement vif, elle se dresse et se tient immobile attendant l'ordre ou le désordre de mon désir,, elle est juste et droite quelque soit les exigences de mon humeur, quelque soit l'état de mon âme elle n'est juge de rien, c'est une lueur au milieu de mes sombres peurs, elle dissipe le brouillard qui flotte au dessus de ma conscience, c'est un miroir qui reflète les esquisses de ce que je pense être, de ce que j'ai emprunté comme image pour me satisfaire ou  pour me défaire..je suis un écrit du divin, je me pardonne ma vanité, car la plume c'est mon divan, je suis un écrit du vent,  du moins j'essaie de me donner un air sérieux, je veux me convaincre que j'expire un talent d'écriture, je griffonne sur le papier le moindre ressenti,  mes pores suintent l'orgueil, je me soustrait a la pudeur pour gonfler mon ego, je suis un écrivain de pacotilles, j'ai de l'honneur volatile, j'ai une odeur parfois hostile, mais je m'efforce de jouer avec le style,  mes écrits sont des amas de propos, des maux transcrits et parce que  je ne fais rien de spécial dans la vie, je me distingue grâce à mes dérives quand je me prend pour le Cid de Corneille.

je flemmarde a longueur de jjournée entre deux repas et une douche matinale, entre temps je rêvasse, je ressasse des souvenirs pour remplir une actualité dénudée d'actions, pour libérer un mental qui s'éparpille, , lui c'est un enfant terrible, même s' il dérape dans l'indiscipline, je refuse sa loi et je me laisse voguer par la réflexion, elle me séduit et colonise mon esprit, elle lui dicte pas a pas le cheminement du temps, elle lui propose une infinité de  causes, des liens avec d'innombrables images pour caser l'ensemble dans  un semblant d histoire, cohérente et logique, je suis un écrivain, je pose des écrits comme  des doigts sur les touches d'un piano, je joue des mots pour me donner l'illusion de ne dépendre de rien.. je me prétend utile, lumineux, audacieux et vertueux, j' ai le vertige de moi même.quand les rimes tombent sans mesure, sans dimension, je m'incline devant ma propre prose, je l'adule et c'est sans concept, je ris de ma richesse futile, je me moque ma dérision, j'aime ce stupide pantin de la raison.

Quand je suis en mouvement, dans un autocar ou en voiture, la route ressemble a une bobine d images déroulantes, tantôt je m émerveillé, tantôt je m'ennuie, les décors me parlent, même les plus ordinaires j y vois une histoire, quand aux reliefs plus frangeants ou plus remarquables, je leur accorde plus de temps, pour apprécier leurs particularités dans leurs formes, leurs dimensions ou bien dans les nuances de leurs teintes..

ainsi se défile une aube, un jour, une nuit, le moindre espace est pris par mon esprit, j y met un son de musique , une nourriture, une odeur, une pression sur la peau, un vide d animation parfois même le silence total, je tangue constamment ,.dans une mer d incertitudes,  

autant je suis dans un inconfort du au gel  des événements autant je me fond dans la chaleur latente de l'inaction, celle qui précède le brasier ardent d'une libération motrice ou bien celle d une lumière transcendante. Je sais que ce sont que des mots, je les pose pour saisir le défilement des choses que je traverse, ces choses qui émanent des transformations d'apparences physiques, humaines, celles issues de la représentation que font mes sens de ce qu'ils perçoivent, ces choses sorties tout droit de mon imaginaire qui être ça et la , qui vagabonde entre le néant abstrait et l illusion complexe hors limites ..

Je m'isole sans fuir, je prend la distance qui me convient tel un zoom, je me vante d une facilité qui est trompeuse et je me l'accorde  car ça m épargne d une lutte interne , j accepte ma malhonnêteté au nom de la faiblesse , au nom de l arrogance de l'impuissant  je me le permet. Je veux m échapper du monde, de moi même, ne serait ce qu'une infime unité de temps,  je veux me détacher  des forces contraires qui me retiennent au système auquel je conteste l autorité sur ma constitution originelle, je veux l éprouver moi même pour atteindre la source des causes , la source des lois naturelles, je veux toucher du doigt l intention du début de mon existence..

je refuse aussi souvent que nécessaire de ressembler à un tas de chair programme, tel un objet de cybernétique, je refuse de me soumettre à la réponse automatique et répétitive, je veux tracer chaque ligne avec un choix éthique, je veux contourner chaque mur qui limite mon horizon a la simple lumière connue. voilà le voyage que me propose la plume, c est sa vertu, ainsi je l'ai établi comme rempart à mon oisiveté, a ma paresse, afin qu' elle témoigne de l'univers intérieur qui m habite aussi dérisoire qu il soit, il vibre comme un noyau ..

je suis un écrivain de la chair, je propose des mots qui la tailladent, je la pénètre en saignant l'esprit avec les arêtes de mes pulsions, ma plume coupe, scalpe et tranche dans le vif des sens..je suis un nègre qui déteste l'obscurité de l'enveloppe charnel, je suis un écrivain de l'aurore, je suis au seuil de l'automne , je ne veux soumettre personne, je veux être autonome ..debout sur mes deux pieds, la tête dans les étoiles, entre les deux le livre qu'est ma vie...au bout le crépuscule avant de voir la main de dieu 

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Date de dernière mise à jour : 13/09/2016